LE CHALLENGER

Entre Nous : Immigration

Écrit par Le Challenger

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Le temps où la France dicte sa volonté à ses anciennes colonies est-il révolu ? En tout cas, le président Amadou Toumani Touré par son refus de signer le document sur la gestion concertée des flux migratoires a apporté du baume au cœur des Maliens. Du coup, sa cote de popularité est montée en flèche dans les foyers en France.  Qui aurait pu imaginer un chef d'Etat africain francophone dire non à la métropole ?  ''Une convergence de vue n'a pas pu être dégagée entre la France et le Mali. Et le président de la République a décidé de ne pas signer l'accord…'' a dit en substance Alou Badra , ministre des Maliens de l'extérieur et de l'intégration africaine samedi soir au Jt de 20 heures dont il était l'invité. C'est dire que les négociations de jeudi et vendredi dernier entre les représentants du ministère français de l'Identité nationale  et du développement solidaire et nos plus hautes autorités se sont soldées par un échec cuisant. ATT national a donc décidé, en toute responsabilité, de ne pas livrer mains et pieds liés, ses compatriotes aux très zélés flics français exécutant la basse besogne à eux confiée par leurs autorités.  A présent, à quoi s'attendre de la part de la France ?  Des représailles ?  Une asphyxie économique ? Encore d'autres vols charters bourrés d'expulsés à …vomir sur le tarmac de Bamako-Sénou ? En tout cas, rien n'est moins sûr. Selon nos sources, en signant dans sa forme actuelle le document qui divise sur les conditions d'immigration dans le pays de la Fontaine, nos autorités donnent tout simplement le feu vert à la France d'expulser nos compatriotes. Toute chose inimaginable. Rappelons que l'apport des immigrés maliens en France dépasse largement l'aide bilatérale que ce pays accorde au nôtre. Autrement dit, les Maliens de France sont ''attachés'' au pays et leur vœu le plus pieux est de retourner un jour au bercail. C'est pourquoi, ils contribuent beaucoup au développement de leur terroir.Ce faisant, les autorités maliennes qui ont toujours exigé la régularisation des sans- papiers ne seront pas amenées à signer un document qui rend au contraire les conditions d'immigration  plus rigoureuses. Il est vrai que la porte des négociations n'est pas encore clause et que celles-ci pourront continuer entre les deux pays dans le cadre du Comité franco-malien de gestion concertée des flux migratoires . Le président Amadou Toumani Touré rejoint ainsi le cercle des chefs d'Etat africains qui ne s'en laissent pas conter : Paul Kagamé, qui a des désaccords avec l'Elysée sur le génocide rwandais dont il estime que la France est largement responsable ; Laurent Gbagbo  sur la crise ivoirienne et qui veut revoir sa collaboration avec Sarkozy.Alhassane H. Maïga